Hausse du taux du livret A, baisse de l’intérêt des super livrets ?

7 juillet 2010

Suite à la dernière baisse du taux du Livret A, survenue le 1er août 2009, et ayant conduit le placement préféré des Français à connaître son plus bas niveau historique avec un rendement de 1,25 %, les livrets déréglementés proposés par les banques en ligne s’étaient vus projeter sur le devant de la scène grâce à leurs performances particulièrement intéressantes. Après l’annonce faite par François Baroin, le Ministre du Budget, il est maintenant quasiment acquis que, dès le mois d’août prochain, le taux du Livret A devrait être revalorisé de 0,25 %, voire 0,50 %. Face à cette éventualité, la plupart des formules distribuées sur Internet se sont vues assorties d’offres promotionnelles tout à fait exceptionnelles.

Cette pratique, présente dans le milieu des banques en ligne depuis plusieurs années déjà, consiste à proposer, durant une période déterminée, le plus souvent trois mois, un taux revu nettement à la hausse, pour toute ouverture d’un livret d’épargne. C’est ainsi qu’Allianz Banque n’a pas hésité à mettre à la disposition, de ses nouveaux clients, le Livret Allianz, qui présente un rendement de 5 % bruts, sur une durée de deux mois, celui-ci étant ensuite ramené à 1 %. Mais il ne s’agit pas là toutefois de l’offre la plus avantageuse ; en effet, le Livret BforBank, distribué par l’enseigne du même nom, affiche, pour sa part, un taux promotionnel de 5 % bruts pendant tout le premier trimestre suivant la souscription, remplacé par un rendement de 2,30 % au-delà de ce délai.

La question qui se pose alors est de savoir si de tels placements représentent un réel gain par rapport aux livrets défiscalisés, étant donné que les formules proposées par les banques en ligne, dans le cadre de ces promotions, font partie des investissements déréglementés, et qu’ils sont donc soumis à la fiscalité prévue dans ces cas-là, c’est-à-dire aux prélèvements sociaux de 12,10 %, ainsi qu’à l’impôt sur le revenu, ou au Prélèvement Forfaitaire Libératoire de 18 %, si cette option se révèle être plus favorable à l’épargnant. Compte tenu de ces éléments, certaines de ces offres paraissent dès lors moins intéressantes, à l’image du Livret Allianz, qui voit son taux de rémunération, hors période de promotion, redescendre à 1 % brut, ne lui permettant plus d’afficher que des performances assez basses de 0,88 % pour un contribuable non imposable, avec un minimum de 0,70 % dans le cadre du Prélèvement Forfaitaire Libératoire.

Du fait de leur limitation dans le temps, il semble préférable de ne pas tenir compte de ces taux promotionnels au moment de choisir le placement à souscrire, la formule d’appel pouvant, au final, cacher une offre beaucoup moins intéressante que l’épargnant n’aurait pu le penser au départ. Il convient, en effet, dans le contexte actuel, afin d’opter pour un livret d’épargne permettant réellement de générer des bénéfices, de bien veiller à ce que celui-ci présente un rendement brut au moins égal à 2,30 %, donnant ainsi accès à un résultat net légèrement supérieur au taux d’inflation, actuellement établi à 1,60 %.

Les épargnants souhaitant trouver des solutions d’investissement rentable peuvent également se tourner vers l’assurance vie, dont les fonds en euros proposent des placements surs, avec des taux de rémunération pouvant aller jusqu’à 4 %, les conditions fiscales y étant également plus avantageuses, puisque, dès la quatrième année, le Prélèvement Forfaitaire Libératoire appliqué est seulement de 15 %, au lieu de 18 % dans le cas des livrets.