Le livret A décortiqué par la Banque de France

1 août 2010

La Banque de France a présenté hier le tout premier rapport de l’Observatoire de l’épargne réglementée. Il revient sur les conséquences de la généralisation de la distribution du livret A et sur l’utilisation des sommes collectées par les banques afin de financer les PME.

Le 1er janvier 2009, la distribution du livret A se généralisait à toutes les banques. Une mesure qui avait inquiété les trois distributeurs historiques, la Banque Postale, le Crédit Mutuel et la Caisse d’épargne. Pourtant, selon le Gouverneur de la Banque de France et responsable du rapport, Christian Noyer, « la généralisation de la distribution du Livret A a eu pour effet immédiat de renforcer la collecte » sans pour autant pénaliser ces trois établissements bancaires qui conservent donc des parts de marchés à un niveau élevé.  En effet, à eux trois, ils ont collecté prés de 153 milliards d’euros contre « seulement » 30,3 milliards d’euros pour les nouveaux venus. Fin décembre 2009, on comptait ainsi 60 millions de détenteurs d’un livret A et près de 183 milliards d’euros placés.

Le rapport met également en avant l’utilisation des sommes collectées et non centralisés à la Caisse des Dépôts. Censées aider à financer les PME et les travaux d’énergie dans les bâtiments anciens, ces sommes seraient en fait mal utilisées par les banques selon la Caisse des Dépôt. Pour tenter de justifier ces accusations, Christian Noyer a déclaré que « compte tenu du contexte économique récessif conduisant à une réduction marquée de la production des crédits aux entreprises, l’effet de la réforme sur la progression des crédits aux PME est délicat à analyser ». De plus, il remet vivement en cause les critiques de la Caisse des Dépôts. Selon lui, « flécher l’utilisation des fonds collectés vers les PME relève d’une démarche de type soviétique », il alors est préférable, selon lui, « d’avoir une vue macroéconomique ».

En tous cas, les deux partis vont devoir rapidement mettre leurs divergences de côté puisque la réforme du mode de centralisation des fonds collectés via les livrets d’épargne réglementée doit être adoptée d’ici 2011.