Négociation de 50 milliards entre banques et Caisse des dépôts

5 juin 2013

Depuis l’augmentation du plafond du Livret A de 15 000 à 22 950 euros les banques auraient perdu environ 30 milliards d’euros au bénéfice de la Caisse des dépôts. Or, cette fuite manque sévèrement aux banques qui dénoncent un argent qui dort.

50 milliards non utilisés

La Caisse des dépôts dispose d’un excédent non utilisé de 50 milliards d’euros qui provient directement de l’épargne des Français déposée sur leur Livret A. Contrairement aux dispositions politiques qui prévoient de consacrer les fonds du Livret A au financement du logement social, cette somme cristallisée est qualifiée d’ « argent qui dort et ne sert à rien » par les banquiers.

À ce titre, les banques négocient depuis trois mois le versement des 50 milliards dans leur escarcelle. Elles justifient leur demande par leur besoin de mise à niveau conformément aux nouvelles normes réglementaires européennes qui préfigurent un manque de 200 milliards d’euros. Aussi, elles dénoncent la perte financière de la Caisse des dépôts qui rémunère trop le Livret A sur un total de 255 milliards d’épargne réglementée.

De son côté, la Caisse des Dépôt serait favorable au transfert de 25 milliards d’euros vers les banques en échange d’un droit de tirage sur cet argent si le besoin de financer le logement social se faisait sentir. En revanche, 15 milliards de cette somme ne proviendraient pas du fonds du Livret A mais de celui du LEP dont la rémunération est plus élevée, soit plus chère pour les banques. En contrepartie, la Caisse des dépôts envisage de réduire la commission qu’elle donne aux banques pour la collecte de l’épargne des Français.

La négociation reste rude même si les banques bénéficient du soutien du Ministère des finances, soucieux de leur manque de liquidités. Enfin, la position de Bercy est ambigüe si l’on considère une prochaine augmentation du plafond du livret A, jusqu’à 30 600 euros comme promis par François Hollande. Cette mesure aggraverait encore la situation.