Cour des Comptes : Quelles seront les conséquences de la crise financière sur nos finances

Face au COVID-19, le monde connaît une crise économique sans précédent. Un bilan des impacts de la pandémie sur les finances publiques a été établi par l’institution de la rue Cambon. Ce rapport a été publié le 30 juin par le président de l’institution et évoque le choc économique reçu par la France ce printemps.

Un bilan lourd : des chiffres alarmants

Les experts de la Cour des comptes ont conclu un bilan très lourd. Selon leur hypothèse, la crise devrait réduire le PIB français de 11% cette année. La cour des comptes explique que c’est une hypothèse plausible basée sur les dernières informations conjoncturelles. Ce taux pourrait d’ailleurs s’alourdir d’ici la fin de cette année.

Le point de la dette est aussi un point alarmant. En effet, les experts déclarent que la dette publique connaîtrait une augmentation de 270 millions d’euros cette année. Elle dépasse ainsi 120 points de PIB soit un équivalent de 40.000 euros par Français. Il faut dire que la dette a atteint un niveau élevé et il se peut qu’elle ne puisse pas être maîtrisée s’il n’y a pas de forte reprise au niveau de l’activité économique.

Les sages ajoutent qu’il sera impossible pour la France de laisser filer son endettement sans se retrouver avec des difficultés sur le long et sur le moyen terme, déjà que le pays n’était pas un bon gestionnaire des finances publiques avant la crise. La cour souligne également que les marges d’action restaurées par la France pour faire face à cette crise n’étaient pas suffisantes. Ce qui sous-entend que le pays ne déploie pas les efforts suffisants pour réduire ou au moins contrôler la dépense publique.

La question de l’augmentation des impôts

Le président Emmanuel Macron a révélé dans son discours du 14 juin dernier qu’il ne procédera pas à une hausse des impôts. Cela a su rassurer les Français pour les mois à venir. Cependant, les experts de la cour des comptes ont affirmé que le contrôle de la dépense sera aussi en fonction des mesures prises sur les prélèvements obligatoires. Il est donc probable que la fiscalité soit au cœur des débats les prochaines années.

La cour a également ajouté que dans le cas où de nouvelles baisses de prélèvements surviendront après celles de 2019 et de cette année, une augmentation d’autres prélèvements devrait s’ensuivre ou bien des suppressions de niches. Force est de constater que certains contribuables en sortiront gagnants tandis que d’autres seront perdants, car la suppression des niches entraînerait in fine une hausse des impôts surtout pour les personnes les plus aisées.