Les assureurs rechignent encore à baisser les prix de l’assurance habitation

Bien que les chiffres annoncent d’importantes économies réalisées durant le confinement, les assureurs rechignent encore à baisser les prix de l’assurance habitation. Ceci engendre de nombreuses interrogations d’autant plus que certains avaient annoncé le remboursement d’une partie des cotisations auto.

Que disent les chiffres concrètement ?

Pour comprendre la prise de position des assureurs, il faudrait davantage analyser les chiffres du marché de l’assurance habitation. En effet, combinés aux effets dévastateurs du confinement, ceux-ci deviennent assez évocateurs sur les raisons du maintien des mêmes gammes tarifaires. Durant la période du confinement, les assureurs ont été moins sollicités que d’habitude. Ceci s’explique tout simplement par le fait que les citoyens français restent en permanence dans leur domicile. Ainsi, certains incidents sont amoindris. Les coups de vol sont presque inexistants, les éventuels dégâts anticipés (eaux, incendies, etc.) et les altercations physiques rares.

D’ailleurs, certains résultats d’études font mention d’une forte baisse des sinistres liés aux contrats multirisques habitation. Autrement dit, les sources de sinistres sont nettement en chute. Les baisses sont de 31 à 41 % pour les dégâts en eaux, 27 % pour les incendies et 70 % pour les sinistres causés par un tiers. La garantie « vol » quant à elle affiche une chute historique de 75 %. En substance, l’ensemble des assureurs a réalisé des économies estimées à près de 226 millions d’euros. Un résultat plutôt positif qui devrait servir de tremplin à un gel ou une baisse des cotisations futures.

Les assureurs restent prudents

Malgré les 226 millions d’économies réalisées, les assureurs prônent encore la prudence sur l’assurance habitation. Ce qui n’est pourtant pas le cas de l’assurance auto, vu que bon nombre de compagnies avaient annoncé des mécanismes d’atténuation. À l’instar de la Maif, avec ses 100 millions d’euros de cotisations remboursées en mars pour exactement 2,8 millions de sociétaires, soit 50 euros par véhicule assuré. Il en est de même pour la Matmut qui avait consenti à un gel des primes d’assurance auto pour 2,7 millions de véhicules. L’enveloppe totale était de 50 millions d’euros pour la fin de l’année 2020 et toute l’année 2021.

Comme argumentation à une telle différence, les compagnies d’assurance citent entre autres l’insuffisance de recul sur les effets MRH ainsi que l’incompatibilité des contrats auto et multirisque habitation. La plupart des compagnies soulignent la nécessité d’une période d’observation supplémentaire avant toute décision finale, car la sinistralité ne s’apprécie pas en un mois. La tendance penche beaucoup plus vers une réponse de la part des assureurs en fin d’année. Peut-être que celle-ci sera favorable à la réduction tant sollicitée par les Français.