Droits de l’Homme – Une assiette de base devient un luxe en Afrique subsaharienne

15/01/2020 Aide alimentaire aux habitants de Nyal, Soudan du Sud SOUDAN DU SUD POLITIQUE INTERNATIONALE PAM / GABRIELA VIVACQUA 15/01/2020 Aide alimentaire aux habitants de Nyal, Soudan du Sud POLITIQUE INTERNATIONALE SUD DU SOUDAN PAM / GABRIELA VIVACQUA

MADRID, 16 ANS (EUROPA PRESS)

Les conflits, le changement climatique, les crises économiques et, maintenant, la pandémie de coronavirus, ont compliqué l’accès de millions de personnes à la nourriture élémentaire. Un aliment de base est devenu presque un luxe dans les pays d’Afrique subsaharienne, comme en témoigne le fait que le même plat coûte 311 fois plus au Soudan du Sud qu’aux États-Unis.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a produit une estimation dans 36 pays pour déterminer, sur la base du revenu par habitant et du pourcentage de revenu alloué à l’alimentation, combien coûterait un plat de base qui comprend des légumineuses et des glucides, des variables dépendant de coutumes locales.

Dix-sept des 20 pays en tête de cette liste noire se trouvent en Afrique subsaharienne. Dans le cas du Soudan du Sud, où les ingrédients envisagés dans l’étude représentent 186% du revenu moyen d’une personne par jour, le coût du plat dépasse 392 dollars à changer.

Burundi (90,73 $), Malawi (74), Haïti (73,76), Soudan (60,52), Mali (48,62), Mozambique (46,19), Zimbabwe (46,17) et République démocratique du Congo (43,93) complètent les premières positions de cette liste, très loin des données des États-Unis (1,26), de la Turquie (3,07) ou de la Colombie (3,77), selon le rapport, qui n’analyse pas aucun pays de l’Union européenne.

Le Directeur exécutif du PAM, David Beasley, a souligné que cette étude “montre l’impact destructeur des conflits, du changement climatique et des crises économiques sur l’augmentation de la faim, auquel le COVID-19 est désormais ajouté”.

«Les plus vulnérables», ceux qui souffrent le plus des effets de la succession des crises, vivaient déjà «à la limite» avant la pandémie, mais maintenant Beasley craint une «catastrophe humanitaire» d’une plus grande profondeur.

Dans le cas du Soudan du Sud, le pourcentage d’argent nécessaire pour mettre ce plat de base sur la table a grimpé de 27 points en raison de l’arrivée du COVID-19. Si quelqu’un de New York devait dépenser la même proportion de son salaire, il lui faudrait 393 $.

Beasley a également mis en garde contre la vulnérabilité des personnes vivant dans les zones urbaines, plus sujettes au chômage en raison des effets collatéraux de la pandémie. “Pour des millions de personnes, perdre un jour d’admission signifie perdre un jour de nourriture, pour eux-mêmes et pour leurs enfants”, ce qui peut conduire à des situations de “tension sociale et d’instabilité”, at-il ajouté.