Le bureau du procureur convoque les responsables des manifestations au Costa Rica pour qu’ils témoignent

Un homme a été enregistré ce mercredi, alors qu'il participait avec des centaines de personnes à une manifestation contre l'éventuel accord du gouvernement costaricien avec le FMI, près de l'aéroport Juan Santamaría, à San José (Costa Rica).  EFE / Jeffrey Arguedas
Un homme a été enregistré ce mercredi, alors qu’il participait avec des centaines de personnes à une manifestation contre l’éventuel accord du gouvernement costaricien avec le FMI, près de l’aéroport Juan Santamaría, à San José (Costa Rica). EFE / Jeffrey Arguedas (EFEI0023 /)

San José, 15 octobre (EFE) .- Le procureur général du Costa Rica a notifié ce jeudi aux dirigeants les manifestations qui ont eu lieu dans le pays depuis le 30 septembre contre un éventuel accord financier avec le Fonds monétaire international (FMI), qui Ils doivent comparaître pour témoigner du prétendu crime d’instigation publique.
Parmi les dix personnes qui doivent comparaître le 23 octobre, figurent les anciens députés Célimo Guido, José Miguel et Óscar Campos, principaux dirigeants du soi-disant “Mouvement national de sauvetage”, qui a utilisé le blocage des autoroutes stratégiques comme principal mécanisme de protestation.
Ces personnes font l’objet d’une enquête pour le prétendu délit d’instigation publique, qualifié dans le Code pénal d’actes «d’inciter autrui à commettre un crime», et passible de 6 mois à 4 ans de prison.
Au Costa Rica, bloquer les routes est également un crime.
La plupart des notifications ont été délivrées ce jeudi par le parquet lors d’une réunion que le «National Rescue Movement» tient à San José.
Les blocus ont affecté les autoroutes menant aux zones touristiques et productives, aux aéroports et aux ports, ainsi qu’aux frontières, en particulier à la frontière avec le Panama, où le passage au transport international de marchandises a été interrompu pendant près de deux semaines.
A son apogée, les manifestations bloquaient plus de cinquante points de routes, mais petit à petit le mouvement perdait du soutien et ce jeudi un seul point fermé a été signalé dans le sud du pays.
Le 8 octobre, l’ancien député et ancien candidat à la présidentielle José Miguel Corrales, jusqu’alors le principal chef des manifestations, a quitté le mouvement et a demandé la levée des blocus, reconnaissant que le trafic de drogue avait pénétré les manifestations.
Les manifestations ont connu des épisodes violents avec des affrontements entre la police et les manifestants, qui ont fait plus de 100 détenus et au moins 115 policiers blessés lorsque les autorités sont intervenues pour lever les blocus.
Mardi dernier, la Chambre constitutionnelle a donné raison à un citoyen qui a déposé un bref d’habeas corpus après avoir été bloqué pendant plus de 20 heures à la suite d’un barrage routier.
L’intention de ceux qui ont organisé ces manifestations visait spécifiquement à paralyser ou à entraver les infrastructures vitales du pays, telles que les ports, les voies d’accès et de sortie terrestres et les autoroutes. Une telle intention ne peut être considérée comme un aspect légitime de la liberté de circulation. expression, puisque sa finalité ultime n’est pas l’expression d’une opinion ou la transmission d’un message, mais la génération de dommages importants à l’ordre public afin d’obtenir le résultat », a indiqué la Chambre constitutionnelle.
La décision condamne le gouvernement pour ne pas avoir pris de mesures pour garantir la circulation.
Le gouvernement a déclaré qu’il respectait la sentence et que pendant les manifestations il avait privilégié le dialogue avec les manifestants plutôt que la force.
Les manifestations avaient pour origine le rejet d’un éventuel accord financier avec le FMI pour 1,75 milliard de dollars, qui prévoyait la vente de certains actifs et une augmentation des impôts.
Le 4 octobre, en l’absence de soutien politique, le président Carlos Alvarado a retiré de la discussion interne la proposition qu’il avait prévu de faire au FMI, mais les protestations se sont quand même poursuivies.
Le “National Rescue Movement” demande au gouvernement de tenir une table de dialogue bilatérale, de ne pas vendre d’actifs, de ne pas augmenter les impôts et de ne pas s’adresser au FMI pour le reste de son administration.
Le gouvernement essaie de promouvoir une table de dialogue multisectorielle.