Le différend entre le gouvernement et les dirigeants locaux nuit à la santé publique, selon un conseiller scientifique

EFE / EPA / ANDY RAIN
EFE / EPA / ANDY RAIN (ANDY RAIN /)

Londres, 16 octobre (EFE) .- Le différend entre le gouvernement britannique et les dirigeants locaux en Angleterre sur le système de mesures régionales pour contenir la pandémie est “très néfaste pour la santé publique”, a averti vendredi un conseiller scientifique de l’exécutif.
Plusieurs autorités locales du nord de l’Angleterre sont opposées au nouveau système de restrictions que le gouvernement a mis au point – à trois échelles de risque – et demandent un soutien financier plus important pour les travailleurs touchés par les lock-out.
Le gouvernement central poursuivra ce vendredi les contacts avec les représentants de la soi-disant Greater Manchester, une grande zone très peuplée, et du Lancashire (nord de l’anglais) pour placer ces deux zones au niveau de risque le plus élevé -le 3- en raison de la forte augmentation de Infections au COVID-19.
Le scientifique Jeremy Farrar, qui fait partie du soi-disant groupe consultatif scientifique du gouvernement pour les urgences, mieux connu sous le nom de Sage, a averti – dans des déclarations à la BBC – que les problèmes causés par la pandémie vont au-delà de la politique partisane ou d’une division entre le nord et le sud de l’Angleterre.
“Je pense que nous devons nous unir en tant que pays. Cette fragmentation et en faire un problème de politique nord-sud ou partisane, est une voie très dangereuse à prendre”, a-t-il ajouté.
“Si vous regardez les pays qui ont bien contrôlé cela – l’Allemagne, la Chine, Singapour, le Vietnam, la Corée, la Nouvelle-Zélande – ils ont un consensus national sur la voie à suivre”, a souligné le scientifique.
L’expert a insisté sur la nécessité d’éviter la “confusion” car cela serait “très préjudiciable à la santé publique et à la capacité du pays à répondre” à la pandémie.
Il a également averti qu’un confinement national pour une courte période – qu’il a appelé “court-circuit” – aurait dû être établi en septembre dernier.
À son avis, plus les mesures sont retardées, plus l’épidémie «deviendra incontrôlable».
Le gouvernement britannique a ordonné hier à Londres de passer un niveau de restrictions plus strict – 2- de contenir le COVID-19, avec l’interdiction dès ce minuit de réunions en salle entre des personnes qui ne vivent pas dans la même maison.
Liverpool est déjà au niveau maximum de restrictions – 3-, avec la fermeture de bars et de “pubs” qui ne vendent pas de nourriture, mais d’autres grandes villes pourraient bientôt entrer dans cette échelle.
Le gouvernement considère que la mise en place de restrictions au niveau local est la meilleure réponse pour s’attaquer au problème et qu’il est nécessaire «d’agir» pour éviter davantage de décès.
Le chef du parti travailliste, Keir Starmer, a exigé cette semaine que des mesures de confinement soient appliquées au niveau national pendant deux ou trois semaines en Angleterre pour tenter de réduire la propagation du coronavirus.
Le dernier jour, 18980 nouvelles infections et 138 décès ont été enregistrés au Royaume-Uni en 28 jours après avoir été testés positifs au COVID-19.