l’Inde a besoin d’un étiquetage du budget climatique

Récemment, Climate Policy Initiative (CPI), a publié un rapport commandé par la Shakti Sustainable Energy Foundation, cartographiant les flux de financement vert de la source à l’utilisation finale.

Par Mahua Acharya

Le gouvernement indien a fait preuve d’une forte volonté et s’est prononcé sur l’importance de faire avancer la nation vers un avenir plus vert. Du discours sur le budget 2019 de FM Nirmala Sitharaman, dans lequel elle envisageait une «Inde sans pollution avec une Terre-Mère verte et un ciel bleu», au vœu du Premier ministre Modi de doubler l’objectif de l’Inde en matière de combustibles non fossiles à 450 GW d’ici 2022 au Sommet des Nations Unies sur l’action pour le climat, le climat politique en Inde – pour l’instant – est enthousiasmé par la croissance verte du pays. Cependant, la réalisation de ces objectifs ambitieux nécessite une ampleur et une taille d’investissement sans précédent, au minimum 2,5 billions de dollars d’ici à 2030, selon la contribution déterminée au niveau national de l’Inde.

Dans un pays qui a besoin de plus de 200 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures par an au lieu des 80 à 90 milliards de dollars actuels, en faisons-nous assez pour atteindre ces objectifs ambitieux? Avons-nous les mécanismes en place pour identifier les lacunes, mesurer les progrès et optimiser le déploiement des ressources de manière à débloquer efficacement les investissements aux échelles transformationnelles nécessaires? Avons-nous mis en place un mécanisme de suivi et de rapport crédible qui puisse valider les résultats? Nous devons répondre à la première question tout en gardant en toile de fond l’impact économique dévastateur de la pandémie, qui a obligé le gouvernement à prendre des mesures qui protègent la vie et les moyens de subsistance de ses citoyens. Bien qu’il puisse y avoir un changement consécutif d’une focalisation sur les investissements dans les énergies propres, la pandémie elle-même a souligné que l’atténuation des effets du changement climatique devra être au premier plan de la croissance économique. C’est le moment opportun pour évaluer si nous disposons de systèmes de suivi et de notification des flux financiers liés à l’atténuation, car cela est essentiel pour renforcer la confiance et la responsabilité dans les données nationales sur les engagements liés au climat. Il est tout aussi important de mesurer et de surveiller l’efficacité de chaque roupie dépensée pour atténuer les effets du changement climatique.

Récemment, Climate Policy Initiative (CPI), a publié un rapport commandé par la Shakti Sustainable Energy Foundation, cartographiant les flux de financement vert de la source à l’utilisation finale. Il postule que, bien qu’il y ait des indications d’une tendance générale à la hausse, les flux d’investissements verts suivis par l’Inde sont bien en deçà de ses besoins de financement. Les investissements estimés à 38 milliards de dollars destinés aux secteurs de l’atténuation entre les exercices 2017-2018 sont dérisoires et répartis de manière disproportionnée entre les secteurs. Étant donné que la finance verte est désormais un domaine d’intérêt de plus en plus important pour le gouvernement, ces chiffres sont importants du point de vue politique et réglementaire, d’autant plus que le rapport identifie également les défis rencontrés dans la définition et le suivi de la finance verte tout au long de sa chaîne de valeur en Inde. L’étude identifie en outre de nombreux défis dans la définition et le suivi de la finance verte tout au long de sa chaîne de valeur. Alors que divers programmes gouvernementaux nationaux et étatiques visent à lutter contre le changement climatique ou à promouvoir les technologies vertes, il n’existe aucun mécanisme pour évaluer leur pertinence climatique dans les projets, les étiqueter comme «verts» et procéder à un examen complet des dépenses. Cette absence rend difficile la budgétisation des mesures d’atténuation du pays dans son plan financier annuel.

L’Inde a suivi une approche avant-gardiste en ce qui concerne le marquage des activités de projet à des fins spécifiques dans ses documents budgétaires. La crédibilité des données sera cruciale pour attirer les fonds verts en particulier et, de plus en plus, la plupart des investisseurs étrangers dans les infrastructures.

Étant donné que divers pays, y compris des voisins comme le Népal et le Bangladesh, ont déjà commencé à évaluer et à examiner leurs dépenses liées au climat par le biais de la revue des dépenses publiques et institutionnelles (CPEIR) basée sur la méthodologie du PNUD, l’Inde doit également adopter un «Climate Budget Tagging (CBT )” outil. Il aide à identifier, classer, peser et marquer les dépenses liées au climat dans le budget budgétaire, permettant ainsi l’estimation, le suivi et le suivi de ces dépenses. Le CBT pourrait être déployé de la même manière que d’autres priorités sociales sont identifiées. Par exemple, la composante genre, castes et tribus répertoriées et développement de l’enfant du budget est un exemple typique qui a permis au gouvernement d’examiner et de reconnaître plus facilement l’impact du soutien budgétaire sur ces sections. Cet exercice découle non pas du besoin de comptabilité, mais du besoin de suivre et d’examiner la mise en œuvre de la politique.

De même, la CBT peut non seulement aider à garantir que les structures de dépenses nationales existantes sont alignées sur les objectifs climatiques, mais également faciliter des engagements plus éclairés entre le gouvernement et les partenaires de développement pour mobiliser des ressources supplémentaires.

Cependant, en Inde, bien qu’il existe une volonté politique de promouvoir l’agenda de la croissance verte, les budgets de l’État et de l’Union dans leur format actuel ne sont pas propices à cette «transition verte». Le gouvernement doit restructurer la façon dont il rend compte des programmes et des plans d’action pour faciliter une comparaison intra et interétatique significative des objectifs climatiques atteints jusqu’à présent.

Il a fallu à l’Inde une décennie pour sensibiliser et renforcer les capacités aux niveaux national et étatique en matière de budgétisation sexospécifique. Nous ne pouvons pas nous permettre de consacrer un temps équivalent à l’élaboration d’un outil de marquage. Le changement climatique a déjà causé des destructions catastrophiques et menace de pertes de vies dans tout le pays.

Il est donc temps d’aligner les dépenses budgétaires de manière à répondre au changement climatique pour une action politique soutenue. Le rapport annuel récemment publié par RBI insiste sur la nécessité d’intégrer des critères ESG dans les modèles d’entreprise et de créer un cadre approprié pour identifier, évaluer et gérer les risques financiers résultant du risque climatique. L’exercice de suivi entrepris par CPI est un pas dans cette direction. Il présente une image prudente de qui finance quoi et dans quelle mesure le financement est aligné sur les objectifs politiques du pays. Un cadre de rapport cohérent, définissant clairement des hypothèses et des méthodes d’estimation des besoins financiers, servira de base solide aux discussions intersectorielles et entre les gouvernements et les donateurs sur la mobilisation des ressources pour l’action climatique. La recherche d’un consensus sur la définition de la finance verte devrait être la prochaine étape logique pour que les acteurs publics et privés évaluent leurs activités en fonction de la pertinence climatique.

L’auteur est directeur Asie, Climate Policy Initiative Les opinions sont personnelles

Les analystes de CPI, Shreyans Jain et Rajashree Padmanabhi ont également contribué à l’article

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