Facebook ne perd rien en bloquant les flux d’informations en Australie

Facebook supprime le fil d’actualité sur sa principale application en Australie. Ironiquement, c’est probablement une bonne nouvelle pour les autres plateformes de Facebook.

Facebook a annoncé mercredi qu’il restreindrait à la fois les éditeurs et les utilisateurs en Australie sur le partager et la publication des news, une réponse à une proposition de loi en Australie pour forcer les entreprises comme Facebook et Google à payer les organes de presse, pour l’utilisation et le partage des contenus.

Cependant, les restrictions de Facebook ne s’appliquent qu’à son application principale et n’affecteront pas Instagram, Messenger ou WhatsApp, a confirmé la société dans une déclaration. Aucune de ces plateformes ne permet une diffusion aussi large des articles comme le fait Facebook. Cependant, elles sont suffisamment similaires pour que les utilisateurs qui souhaitent diffuser les derniers informations de ce pays, comme le Herald Sun, puissent le faire plus fréquemment sur l’un de ces trois applications qui appartiennent à Facebook.

Messenger et WhatsApp ont été respectivement les première et troisième applications les plus téléchargées en Australie mercredi, selon les données de SensorTower, qui suit l’univers des applications. Pendant ce temps, Facebook est arrivé en deuxième position. En 2020, Messenger a enregistré une moyenne de 260 000 téléchargements par mois, soit plus que les 223 000 téléchargements de Facebook. WhatsApp a été téléchargé en moyenne à 200 000 reprises.

Si Facebook domine le marché australien des réseaux sociaux, Twitter a également l’occasion de profiter de son recul et la fermeture des partages de news. “Twitter serait un candidat de choix“, déclare Joe Bonner, analyste chez Argus Research et pourrait alors prendre le leadership sur le secteur du partage d’informations. “Ils sont déjà un réseau très axé sur les nouvelles“. D’autres entreprises sont prêtes à combler le vide laissé par Facebook, notamment les applications de messagerie telles que Discord, Telegram et Signal.

Les actualités représentent moins de 4 % du contenu partagé sur Facebook, a déclaré l’entreprise dans un article de blog décrivant la décision, ce qui signifie que Facebook ne subira probablement pas baisse de son trafic en interdisant les flux d’actualités.

Les investisseurs de Facebook ne semblent pas trop inquiets. Les actions de la société ont chuté de 0,15% mercredi, dépassant la baisse de 0,6% subie par le Nasdaq Composite, dominé par la technologie. Il y a une raison probable pour laquelle ils ne sont pas contrariés : L’Australie ne représente qu’un petit marché pour l’énorme entreprise technologique. Alors qu’elle a affiché des revenus de près de 71 milliards de dollars de recettes mondiales en 2019, seulement 520 millions de dollars environ de ces revenus provenaient d’Australie, selon les derniers chiffres divulgués par Facebook au sujet de l’Australie.