La baisse de 8 % du taux de chômage est-elle réaliste ?

Le Bureau International du Travail définit le chômeur selon plusieurs critères. Le premier considère une personne âgée de 15 ans ou plus sans emploi qui se déclare disponible pour travailler dans un délai de deux semaines.

Il faut aussi que ce dernier ait entamé sur les quatre dernières semaines une démarche active de recherche d’emploi ou bien qu’il ait trouvé un emploi qui commence dans trois mois. Du fait du deuxième confinement annoncé en octobre, bon nombre de demandeurs d’emploi n’ont pas entrepris de recherches. Ils n’ont donc pas été comptabilisés. Cela dit, la baisse de 8 % du taux de chômage annoncée par l’insee, est-elle réaliste ?

 

Un taux de chômage bas au quatrième trimestre 2020

D’après des chiffres publiés par l’Insee, le taux de chômage est passé à 8 % au quatrième trimestre 2020 contre 9,1 % au troisième trimestre. Ce taux est à son plus bas niveau depuis la crise bancaire et financière de 2008. En détail, il y a au total 2,4 millions de personnes qui sont à la recherche d’emploi. Cependant, l’Institut de statistique indique que ces chiffres sont un trompe-l’œil. En effet, du fait du confinement qui a contraint les personnes à cesser de rechercher du travail, une frange des demandeurs d’emploi n’a pas été comptée en tant que « chômeurs ». Une observation appuyée par le bilan de Pôle Emploi qui compte 3 574 300 personnes sans emploi sur la même période. À noter que l’impact du confinement est moindre comparé au second trimestre où le taux de chômage était de 7,1 %.

La baisse du taux de chômage : un trompe-l’œil ?

Les établissements accueillant un grand public restent fermés. L‘insee a dévoilé ses chiffres sur le chômage pour le quatrième trimestre 2020 en France. La baisse du chômage observée sur ce trimestre s’explique par le fait que le taux d’emploi n’a cessé de se redresser sur la période (plus de 0,6 point). « Elle est à relativiser cependant par le repli des heures travaillées par emploi » pour L’institut. À l’instar du second trimestre, cette observation est en partie une baisse en trompe-l’œil. En réalité, La seconde phase de confinement, allant du 30 octobre au 15 décembre, a mis en inactivité des citoyens qui se sont retrouvés en incapacité d’effectuer des recherches pour l’emploi. Dès lors, le taux d’activité a également dégringolé. Il a baissé de 0,2 point sur le trimestre et de 0,4 point sur une période d’un an.

Baisse accentuée pour la tranche d’âge allant de 15 à 24 ans

Chez les personnes âgées de 15 à 24 ans, le taux d’activité a diminué de 0,9 point. Cela pourrait signifier que certains ont choisi soit de poursuivre leurs études soit d’arrêter de chercher du travail. Bien que la baisse du taux de chômage soit répandue dans toutes les tranches d’âge, elle est plus accentuée chez les personnes de 15 à 24 ans (moins 3,6 points) que chez celles de 25 à 49 ans (moins 1,0 point) et chez celles de 50 ans et plus (moins 0,4 point).