Le besoin urgent de produire de l'”hydrogène vert” à partir d’énergies renouvelables

Cinq ans après les accords de Paris, de nombreux pays signataires ont décidé d’opter pour l’hydrogène comme carburant du futur, afin de décarboniser une partie de leurs activités. L’année dernière, la France a produit près de 880 000 tonnes d’hydrogène industriel, le problème est que 95% de celui-ci provient de combustibles fossiles ; aujourd’hui, le défi est de produire de l’hydrogène vert.

Cette semaine, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un Conseil national de l’hydrogène, dans le but de structurer la coopération entre l’Etat et les principaux acteurs. La France cherche à créer un nouveau secteur industriel grâce à l’investissement de 7 milliards d’euros, comme l’a annoncé Bruno Le Maire. La France produit des tonnes d’hydrogène, le problème est qu’une bonne partie de celui-ci provient des énergies fossiles, c’est-à-dire que sa production consomme des tonnes de pétrole, donc elle a peu de “vert”. C’est une contradiction que la start-up “Lhyfe” a réussi à résoudre dans la ville de Challan.

L’UE prévoit de faire passer son bouquet énergétique de 2 % aujourd’hui à 12-14 % d’hydrogène en 2050. Avec la chute des prix de l’énergie solaire et éolienne, le prix serait comparable à celui du gaz naturel. C’est un contexte de grand intérêt pour ce gaz incolore, inodore et insipide qui pourrait devenir le carburant capable de rendre l’industrie lourde plus écologique, comme l’a fait le secteur spatial il y a plusieurs décennies. Actuellement, il existe déjà des bateaux, des bus ou des flottes de taxis, équipés pour utiliser l’hydrogène comme carburant et bientôt des trains circuleront en Allemagne et en Italie.

La difficulté réside dans le fait que l’hydrogène n’est pas une énergie primaire ; il provient d’un processus de transformation, qui à son tour consomme de l’énergie. On estime qu’en 2017, la production mondiale d’hydrogène a émis 830 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions combinées de l’Indonésie et du Royaume-Uni. Cette situation soulève le besoin urgent de produire de l'”hydrogène vert” à partir d’énergies renouvelables.