Le gouvernement assure qu’Eurostar recevra des aides françaises et britanniques pour sécuriser son avenir

Selon le gouvernement, Eurostar bénéficiera de l’aide de la France et du Royaume-Uni pour assurer sa survie face à la pandémie.

L’Eurostar a déclaré que son avenir était menacé à cause de la pandémie et de la chute du trafic et a demandé en conséquence une aide d’État. Il n’exploite plus qu’un seul train par jour dans chaque sens sur ses lignes Londres-Paris et Londres-Bruxelles.

Le ministre français des transports, Jean-Baptiste Djebbari, a déclaré jeudi à une commission de l’Assemblée nationale que l’Etat “serait aux côtés d’Eurostar pour maintenir ce lien stratégique entre nos deux pays“.

Jean-Baptiste Djebbari a déclaré que le gouvernement travaillait avec le Royaume-Uni sur des “mécanismes d’aide, proportionnels à l’implication de chacun dans l’Eurostar“, pour maintenir l’activité. Il a indiqué qu’il était en discussion depuis plusieurs semaines avec le secrétaire d’Etat britannique aux transports, Grant Shapps.

La SNCF détient 55 % d’Eurostar, et la Belgique 5 %. La Grande-Bretagne a vendu ses 40 % de parts à des fonds de pension privés en 2015.

Eurostar, dont le siège social est au Royaume-Uni, a fait valoir que la Grande-Bretagne est venue aider l’ensemble de son système ferroviaire, dépensant des milliards pour libérer les opérateurs ferroviaires de leurs franchises, car les revenus ont disparu. Elle a également souligné l’aide sous forme de prêts accordés à l’aviation, arguant que le rail est la liaison internationale “la plus verte” vers le Royaume-Uni.

Si la situation d’Eurostar est évidente depuis un certain temps, les actionnaires ayant injecté 200 millions d’euros supplémentaires dans l’entreprise, ce n’est que récemment qu’elle a admis que sa survie était remise en question. Le directeur général, Jacques Damas, a déclaré lundi à l’Agence France-Presse que “la catastrophe est possible“.

De nouvelles restrictions de voyage, y compris la nécessité de tests Covid avant le départ des deux côtés de la Manche depuis lundi, pourraient étouffer encore plus le nombre de passagers, craint Eurostar. Un porte-parole a déclaré que la situation “reste critique pour nous et que le besoin de soutien est là“.

Le ministère britannique des transports affirme qu’il s’est engagé avec Eurostar depuis le début de l’épidémie de Covid-19 et qu’il continuera de discuter de la situation financière d’Eurostar avec le gouvernement français. Toutefois, aucun accord n’a encore été conclu.

Le président du comité restreint des transports de la Chambre des communes, Huw Merriman, a appelé le Royaume-Uni et la France à s’engager conjointement à soutenir Eurostar. Il a déclaré que la compagnie contribuait à hauteur de 800 millions de livres sterling par an à l’économie britannique et constituait un lien unique avec l’Europe continentale : “Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de perdre Eurostar à cause de cette pandémie“, a-t-il déclaré.