L’inflation dans la zone euro commence à inquiéter la Banque centrale

L’inflation dans la zone euro a bondi en mars, franchissant une nouvelle étape dans ce qui devrait être une hausse temporaire mais marquée, susceptible de porter la croissance des prix à la consommation au-dessus de l’objectif de près de 2 % fixé par la Banque centrale européenne dans le courant de l’année.

L’inflation dans les 19 pays partageant l’euro s’est accélérée pour atteindre 1,3 % en mars, contre 0,9 % le mois précédent, après une série de chiffres négatifs à la fin de l’année dernière, mais conformément aux attentes des analystes, selon une estimation rapide d’Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, publiée mercredi.

L’inflation s’est accélérée en raison de la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires non transformées, mais les coûts des services ont été conformes au chiffre global et l’inflation des biens industriels non énergétiques a fortement diminué.

Taux d’inflation Europe (zone euro) – Source abcbourse.com

La BCE avait déjà prédit cette flambée, avertissant que l’inflation pourrait même dépasser son objectif d’ici la fin de l’année, mais elle a promis de ne pas s’arrêter à ce qu’elle considère comme un pic temporaire. Elle voit ensuite l’inflation se positionner en dessous de son objectif pour les années à venir.

En effet, l’inflation sous-jacente, que la BCE surveille de plus près dans ses délibérations politiques, a en fait ralenti en mars, contrecarrant les attentes du marché en matière de stabilité, ce qui risque de décevoir les responsables politiques.

Les prix excluant les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, que la BCE définit comme l’inflation de base, ont ralenti de 1,2 % à 1 %, tandis qu’une mesure encore plus étroite qui exclut les prix de l’alcool et du tabac a ralenti de 1,1 % à 0,9 %.

Les économistes estiment que la hausse de l’inflation est essentiellement technique et qu’elle est due à des facteurs tels que l’inversion de l’effondrement des prix du pétrole l’année dernière et une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée en Allemagne.

Toutefois, les fondamentaux sous-jacents indiquent toujours une croissance faible et une forte atonie de l’économie. L’économie du bloc monétaire ne retrouvera pas sa taille d’avant la pandémie avant la fin de 2022 et les accords salariaux clés conclus ces dernières semaines laissent présager une faible pression sur les revenus des ménages.

L’insuffisance de la réponse budgétaire de la zone euro à la crise et un éventuel retard dans la distribution des fonds de relance de l’Union européenne confortent également la BCE dans sa décision de ne pas tenir compte de la hausse de l’inflation de cette année.

Les facteurs à l’origine de cette évolution – les prix de l’alimentation et de l’énergie, les effets statistiques des hausses d’impôts et certaines hausses de prix dans le secteur des services une fois les confinements terminés – sont de nature transitoire et l’inflation diminuera fortement à partir du début de l’année prochaine“, a déclaré ABN Amro.